Regards critiques et constructifs sur une République en mouvement (Xavier Etienne)

Affaire Boulin 38 ans d’omerta

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L’affaire du petit Grégory Villemin resurgit 33 ans après les faits, avec de récents rebondissements et l’espoir qu’enfin la vérité éclate ; il était temps.

5 ans plus tôt, en 1979, c’est un autre corps qui était retrouvé noyé au bord d’un étang, celui de Robert Boulin, 59 ans,  à l’époque Ministre du Travail de Valéry Giscard d’Estaing. Bientôt 40 ans d’une instruction judiciaire aussi bâclée que l’affaire précédemment citée.

Va-t-on enfin connaître la vérité de la mort de cet ancien résistant, neuf fois ministre (sous les gouvernements Debré, Pompidou, Couve de Murville, Chaban-Delmas, Messmer et Barre),  pressenti pour Matignon, et qui était la cible à l’époque d’une campagne de presse le mêlant à une opération immobilière irrégulière à Ramatuelle ? Qui sait aujourd’hui ce qu’il s’est passé réellement ce matin du 30 octobre 1979 dans  la forêt de Rambouillet, à 200 mètres de la D 138 qui relie Saint-Léger-en-Yvelines à Montfort-L’Amaury ?

L’Agence France presse officialisa le suicide par absorption de barbituriques via une dépêche à 9h45,  avant même toute autopsie.  Ce n’est que le lendemain que l’AFP recevra une photocopie de lettre attribuée au Ministre (« Messieurs, J’ai décidé de mettre fin à mes jours. ») dont l’authenticité est contestée par la famille et par ceux qui en ont analysé sérieusement la forme et le contenu. S’ensuit la version officielle du suicide du ministre du Travail, avec des funérailles quasi nationales et l’hommage de l’ensemble de la classe politique de l’époque.  Avec deux absents de taille : Jacques Chirac qui ne s’est pas déplacé,  et VGE qui est à la chasse.

Cependant, agenouillé dans cinquante centimètres d’eau et quarante centimètres de vase, meurtri par des traces de coups dans le dos, le visage tuméfié, peut on réellement se suicider ?

Pourquoi l’autopsie des poumons de Robert Boulin n’a pas été effectuée ?

Pourquoi l’autopsie du crâne n’a pas été réalisée ?

N’aurait on pas tout simplement assassiné ce RPR giscardien promis aux plus hautes fonctions de l’Etat pour ne pas faire d’ombre à de petites ambitions ?

Bientôt 40 ans de procédures, de plaintes déposées, de non lieux, avec une accélération depuis 2 ans :

Le 4 août 2015, Le parquet de Versailles ouvre une information judiciaire pour « arrestation, enlèvement et séquestration suivis de mort ou assassinat ».

En décembre 2016, le juge en charge de l’affaire a demandé la déclassification de documents « secret défense » à la suite d’une requête formulée en juin dernier par la fille du ministre, Fabienne Boulin Burgeat.

C’est maintenant à la Commission consultative du secret de la Défense nationale de rendre son avis, avant une décision finale du ministre de l’Intérieur

Silence radio et télé sur cette décision, lourde d’impacts car elle va tout simplement conduire à désigner les meurtriers d’un ministre de la République.

Fabienne Boulin Burgeat avec laquelle j’ai échangée à plusieurs reprises ces derniers jours reste malgré tout profondément attachée à la justice de son pays  (« je veux que la justice passe ») et son combat pour la vérité mais dans le cadre des lois de la République force le respect ; elle m’a confirmé les informations suivantes :

-          Le Ministère des Armées (sous la présidence Hollande) a bien reçu la demande de déclassification mais a répondu au juge d’instruction qu’il n’a aucune pièce à fournir,

-          Le Ministère de l’Intérieur n’a pas encore répondu.

Par ailleurs, selon Mme Boulin, le juge chargé de l’enquête ne montre pas une activité effrénée pour faire jaillir la vérité puisque en deux ans seules 2 actions ont été menées :

-          Une demande de déclassification (citée plus haut)

-          Une seule audition le 5 mai 2017 d’un témoin de l’affaire, alors que d’autres, notamment un témoin clé âgé aujourd’hui de 94 ans n’a toujours pas été convoqué.

« On retrouve aujourd’hui les mêmes difficultés qu’à l’époque à regarder rationnellement les faits »

Et pourtant, comme Mme Boulin l’affirme, « si demain matin le juge interroge tous les témoins oculaires de l’affaire, dans le mois qui suit on peut tout savoir », « le juge a 10 fois la preuve par 9 que Robert Boulin a été assassiné »

La décision de faire jaillir la vérité sur l’affaire Boulin est donc entre les mains du nouveau gouvernement français ; mais prendra t il le risque d’une décision susceptible de rouvrir les plaies d’une époque politique qui n’a pas encore livrée tous ses secrets ? Prendra t il le risque de voir l’Etat français condamné ? Dans le contexte actuel où l’unité nationale et le rang de la France sont plus que jamais recherchés,  le combat pour la vérité n’est pas gagné d’avance. Mais il me semble vital pour une certaine idée de la République et des droits de l’Homme.

7 juillet, 2017 à 17 h 10 min | Commentaires (2) | Permalien


Donald Trump assistera à la fête nationale le 14 Juillet

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J’ai l’impression que les commentateurs n’ont pas compris que ce n’est pas Trump qui est invité mais les USA en souvenir de leur aide en 1917 qui a grandement aidé à la fin d’un conflit épouvantable. Trump n’est pas là en tant que personne privée, ce sont les USA qui sont invités.

Les USA ont eu un rôle éminent en 1917 mais n’oublions pas tout de même qu’ils étaient eux-mêmes redevables de la France : chacun sait que Lafayette a aidé,  en tant qu’aide de camp de Georges Washington, les Américains à gagner leur liberté ; c’est la raison pour laquelle  ils s’estiment redevables à la France. Lafayette est citoyen d’honneur des États Unis d’Amérique. Les Français n’imaginent pas la place qu’il tient dans l’inconscient des citoyens américains. Quelles que soient les divergences, cela seul compte à leur yeux : la liberté avec l’aide de la France.

En même temps que satisfaire l’insconcient collectif américain, Macron réalise également un coup politique parfait, celui de réintégrer Trump dans le jeu diplomatique occidental ; n’oublions pas qu’il y a de gros intérêts en jeu notamment le financement de l’OTAN.

Et, cerise sur le gâteau, il flatte Trump en le faisant assister à une parade militaire qu’il va adorer comme un gamin.

Sarkozy invitait les dictateurs Kadhafi et Assad au défilé du 14 juillet (avec le silence admiratif de Mélenchon), Hollande invitait la pluie, Macron invite le président de la 1ère puissance mondiale ; c’est bien on monte en gamme.

30 juin, 2017 à 16 h 42 min | Commentaires (2) | Permalien


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