Rentrée politique : les notes

12 sept

A droite :

Laurent Wauquiez 15/20

Rentrée réussie : visibilité du programme (valorisation du travail, de la liberté d’entreprendre, un peu d’identitaire mais point trop non plus) avec des formules chocs, un vocabulaire simplifié au maximum. Au fonds Wauquiez c’est un peu Sarkozy par son côté je simplifie donc je suis (« moi je crois à la valeur travail », « moi j’en ai assez du cancer de l’assistanat » etc., etc.)  et un peu Fillon avec son côté France éternelle contre la France des Villes (la France ne se gouverne pas à Paris mais à Sablé sur Sarthe ou au Puy en Velay). Face à un Macron dont le gouvernail tend à droite (loi travail plutôt approuvée par le patronat, propos controversés sur les « fainéants », future réforme de l’assurance chômage, etc. etc.), Wauquiez à terme pourrait cependant manquer d’air. Il devra sans doute prospecter sur sa gauche, ce qu’il semble avoir compris en ayant négocié habilement le ralliement de Virginie Calmels.

On en reparlera, l’homme est décrié, souvent caricaturé (parfois à juste raison), mais reconnaissons au futur probable président des Républicains une rentrée politique réussie.

Marine Le Pen 9/20

Pour moi la grande perdante de la rentrée ; prise en tenaille entre la  ligne Phillipot (étatiste) et la ligne Ménard (identitaire et libérale), elle semble avoir perdu une partie de son énergie dans le débat de l’entre deux tours présidentielles. Sans vouloir faire de psychanalyse, Marine Le Pen me semble aujourd’hui tourmentée, écartelée comme jamais entre l’envie de transformer le FN et le poids familial de l’héritage sur ses épaules.

Marine Le Pen a fait une rentrée tardive, une prise de recul inhabituelle chez elle qui laissait augurer un nouveau positionnement. Au final, un discours de rentrée poussif et des interventions TV sans relief.

Le changement de nom sera sans doute un pas important pour l’avenir de ce mouvement, mais certains diraient qu’il faudrait peut être également qu’elle change le sien.

Au centre :

Emmanuel Macron 12/20

Note mitigée pour le Président ; il a je crois bien orchestré  la 2ème grande réforme de son quinquennat (la loi travail) après celle je trouve mal amenée (comme démontré dans un précédent article) de la loi sur la transparence de la vie politique. On lui reproche des propos récents tenus à Athènes sur les « fainéants » ; sur le fonds, ces propos sont erronés (la richesse produite par habitant s’est considérablement améliorée depuis 30 ans, le problème n’est donc pas là) mais là n’était pas l’objectif du président ; il s’agissait d’une saillie purement politique, avec les élections sénatoriales dans le viseur, visant à doubler Laurent Wauquiez sur sa droite. Par contre (« en même temps »), j’ai trouvé le président étonnamment décevant dans sa gestion du cyclone Irma : attendre 5 jours avant d’aller sur place me semble tout à fait excessif. Aurait on imaginé Sarkozy attendre que le terrain soit entièrement « sécurisé » avant d’aller sur place (c’est l’argument officiel avancé) ? Même Trump du haut de ses 70 ans est allé distribuer des repas et on sentait que ça n’était pas uniquement de la communication. A côté de ça, les réseaux sociaux se sont gavés pendant plusieurs jours de rumeurs (parfois fondées malheureusement) sur un chaos absolu. Des images de Macron sur place dès le week end auraient  tué ces rumeurs avant même qu’elles ne sortent.

Donc bilan mitigé pour le président ; je salue qu’il ait enfin repris le chemin de la politique après avoir investi tôt (trop tôt) le terrain de la morale (la loi sur la transparence de la vie politique). Mais je m’étonne qu’il n’ait pas senti spontanément la nécessité de se rentre immédiatement dans les îles sinistrées. Attention également à bien gérer les peaux de banane à retardement envoyées par ses anciens copains socialistes (cf la baisse de 5 euros des APL, expliquée je trouve bien maladroitement par le nouveau pouvoir).

Jean-Michel Blanquer 16/20

Pour moi le grand gagnant de cette rentrée ; Entendu chez Ruquier à ONPC : clarté des propos, calme, connaissance des dossiers, crédibilité.

Sans doute le meilleur recrutement de Macron à ce poste si exposé; d’ailleurs la justice existe parfois dans notre République sondagière, puisque il est quasiment le seul ministre d’Etat à ne pas enregistrer de chute de popularité.

Edouard Philippe 13/20

Bon autant le dire franchement, il a mal commencé l’année  et était à deux doigts de retourner dans la classe d’en dessous : son intervention chez J.J Bourdin fin août où il n’a pas su répondre aux questions précises du journaliste dénotait une impréparation complète de l’entretien. Etonnant de la part d’un travailleur acharné comme E.Philippe. Ses interventions successives dans les médias étaient fort heureusement bien mieux préparées avec une bonne connaissance des dossiers. Il a su communiquer habilement sur la loi travail.

Vous noterez que des ministres majeurs d’E.Macron ne sont pas notés, tels Florence Parly ou Bruno LeMaire. Peut être les ais je manqués mais ils me semblent aux abonnés absents en cette période de rentrée. Sans doute des travailleurs de l’ombre.

A gauche

Benoit Hamon 13/20

Face à un Macron qui je trouve gouverne à droite, l’espace politique se recrée à gauche. Hamon, après son score calamiteux de la présidentielle, me semble retrouver des couleurs et un peu d’air.

Il évite les propos excessifs d’un Jean-Luc Mélenchon, est capable d’approuver certaines mesures du nouveau président et garde toujours cette modestie voire une autodérision qui peuvent le rendre sympathiques.  Avec les outils politiques qui sont les siens aujourd’hui (c’est-à-dire pas grand-chose), il a plutôt bien réussi sa rentrée. Vu également récemment Boris Vallaud au Grand Jury Europe 1 : j’ai trouvé ses propos contre le président plutôt tranchants le tout enrobés d’une certaine sympathie, le tout laissant à penser qu’il aura plus d’avenir politique que son épouse.

Jean-Luc Mélenchon 11/20

Même remarque que précédemment, Mélenchon bénéficie aujourd’hui d’un espace politique d’ailleurs souhaité par le président. Mélenchon en cette rentrée me semble manquer d’originalité, il ressort les mêmes recettes qu’avant la présidentielle. Sauf que si Mélenchon est un très bon candidat d’élections présidentielles (tout ce qui personnalise l’enjeu le rend visible tant le charisme personnel de l’homme est impressionnant), le ressort porte moins haut et moins fort dès lors qu’il s’agit d’élections à enjeu local ou pire qu’il n’y ait pas d’élections à venir.

 

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