Johnny….

11 déc

Ce blog est un blog politique et la mort de Johnny n’a rien de politique, d’autant plus que le sujet ne l’intéressait guère. Néanmoins, l’ampleur exceptionnelle du phénomène de masse samedi 9 décembre à Paris (sans doute 1 million de personnes sur les Champs), la présence de 3 présidents ou anciens présidents à ses obsèques, en font un événement à caractère politique. Ecrire sur le décès de Johnny, comprendre les raisons d’une émotion nationale mais surtout populaire, voilà qui est cohérent pour un blog d’analyse des événements politiques marquants de notre époque. Et ça n’est pas la lecture musicale de Johnny qui m’intéresse aujourd’hui, même si j’ai toujours été ébloui par sa voix et ses performances scéniques. Je laisse aux bloggeurs musicaux le soin d’écrire sur le sujet. Ce qui m’intéresse de comprendre c’est pourquoi un chanteur et non un héros ou un sauveur de la patrie, peut déchaîner autant de ferveur et de tristesse après son décès. Je crois que Johnny pour beaucoup était un remède à cette peur de vieillir, appelée plus savamment la gérascophobie. Voir, écouter Johnny pour beaucoup cela permettait de repousser l’idée de la vieillesse, un antidote (artificiel) au temps qui passe. Et quand l’antidote lui-même vient à disparaître, c’est toute la chaîne qui s’embrouille et les foules qui pleurent. Johnny, de plus,  était un homme d’additions (d’addictions aussi.) et non de soustractions : ses chansons ne présentaient aucun relief politique, il chantait l’amour, la bagarre,  l’envie, la musique qu’il aime,  les femmes (Gabrielle, Marie) ou sa fille (Laura)… Il ne clivait pas, ne s’exposait pas,  contrairement à un Sardou ou un Renaud. Johnny, malgré quelques récupérations politiques, était le contraire d’un chanteur engagé.  Enfin, je crois que beaucoup de français aimaient se reconnaître en Johnny, un homme à l’expression  simple et directe, quelqu’un avec qui on aimerait s’encanailler et partager ses vices (les femmes, l’alcool, la vitesse, les largesses avec le fisc..). Johnny était aussi passe-partout politiquement qu’il avait un relief immense dans sa vie personnelle. C’est le paradoxe d’un homme désintéressé politiquement mais humainement si riche qu’il parvint à réunir 3 présidents à ses funérailles. Jean-Philippe Smet fils de personne mais Johnny père de tout le monde. RIP.

2 Réponses à “Johnny….”

  1. La critique 12 décembre 2017 à 17 h 32 min #

    Tout cela est tres juste !belle analyse

    Ciao Johnny

  2. Vogler Sylvain 15 décembre 2017 à 12 h 04 min #

    Je suis parfaitement en phase avec l’idée qu’il ne clivait pas et qu’il chantait des chansons qui font du bien, puissantes mais légères. J’ajouterais simplement que qu’il est était dans la vie de chaque français, depuis déjà de très nombreuses années. Inconsciemment, j’imaginais sans doute, et beaucoup avec moi, qu’il était éternel, que jamais je ne e verrai disparaître… Sa mort m’a rappelé que non, et ce fût un choc plus grand que je ne l’aurais imaginé.

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